Petit village pour grande couverture médiatique !

Porozovo, c’est la nouvelle étape de notre tour d’Oudmourtie. C’est un plus nord de la petite république, mais à l’échelle de la Russie, ça ne reste pas très loin de la capitale Izhevsk. Déjà, on change de paysage. On passe de la fameuse toundra russe à la non moins fameuse taïga, toujours russe… Est-il vraiment utile de rappeler ici leurs caractéristiques respectives ? Non, révisez donc vos cours de 5e. En gros, nous voici dans une zone bien plus boisée ! Au milieu des arbres, on devine le long de la route des puits de pétrole. L’Oudmourtie n’est pas pour autant riche. On apprend bien vite en effet que le bénéfice issu du pétrole file directement à Moscou sans vraiment profiter à la population locale.
Au pays de l’or noir et de la taïga
Au fait, pourquoi Porozovo ? C’est tout simplement le village de la famille de Svétie, notre amie qui nous guide pour mieux connaître l’Oudmourtie et les Oudmourtes. Une visite chez les siens s’impose donc tout naturellement.
Nous sommes encore une fois formidablement accueillis et faisons d’abord connaissance avec Diadia Yura (Tonton Yura). Très vite, Yogui passe en mode défensive et c’est à reculons qu’il le suit pour aller profiter du tout nouveau bannia. Pierre le trouve pourtant bien sympa avec plein d’histoires et autres anecdotes ! C’est vrai qu’il a une bonne descente mais on n’est pas obligé non plus de le suivre ! Yogui échappe à la discussion/dégustation et n’a pas la chance d’apprendre les différents modes de distillation du liquide de frein, pratique semble-t-il courante à l’époque pour faire face à la prohibition sous Gorbatchev, au milieu des années 80. Par contre, avec mamie, Yogui apprend que les feuilles de choux qu’elle place sous son bonnet aident à soigner les maux de tête… Chacun son truc !
A la Poste comme à l’épicerie
Porozovo, c’est un petit village. En France, un tel village serait quasi désert, mais ici il y a encore une école, plusieurs magasins… bref de la vie ! Quand on apprend que le bâtiment en bois vers la « place centrale » est un bureau de poste, nous ne sommes pas longs pour tenter notre chance. Mission : envoyer une carte postale d’ici jusqu’en Europe ! Véronika, la guichetière est un peu surprise. « Pour la France ? … euh… je ne sais pas. Oui surement que c’est possible. Seulement, je ne connais pas le tarif ». C’est la première fois qu’elle doit faire face à une telle demande. Pendant qu’elle cherche comment affranchir nos lettres, nous avons le temps d’analyser le bureau de poste. Description : à coté des colis postaux, quelques boites de conserves, bouteilles d’huile et autres produits digne d’une véritable épicerie. Dans un autre coin, on trouve le rayon textile avec caleçons et autres chaussettes. A droite, c’est le coin dit « Internet »…. sans connexion au web ! Quelques ordis sont là pour qui doit faire de la bureautique. On apprend aussi que la Poste offre un service d’impression d’e-mails pour qui ne maitrise pas l’outil informatique.

Le téléphone étant hors service, la guichetière explique qu’elle doit se rendre au central téléphonique du village pour connaître les tarifs auprès du bureau de poste du canton. Nous sommes invités à patienter dehors alors qu’elle ferme sa boutique… sait-on jamais, on voudrait peut-être se refaire un garde robe avec les formidables caleçons locaux !
Dix minutes plus tard, elle est de retour et nous pouvons enfin envoyer nos deux cartes pour moins d’un euro le tout !
Porozovo, c’est aussi pour nous la première neige du voyage… les premières boules de neige et la première utilisation des collants sous le jean – voir la vidéo !
Interviews et visites express

Impossible de passer incognito dans le coin. Svétie nous apprend que nous sommes invités au journal local pour une interview. Pas le choix ou presque : la voiture de la rédac’ a déjà été envoyée pour nous et c’est comme des ministres soviétiques (c'est-à-dire en Volga) que nous nous rendons à Sharkan, le chef lieu du canton. Interview radio tout en russe (Bravo Yogui, d’autant plus que c’était le matin !!!) et photo pour le journal, le tout suivi d’un entretien avec la directrice! Nous avons droit à la totale ! Nous n’avons pour l’instant pas eu la chance de voir nos bobines dans le canard local, ni de nous entendre sur les ondes… mais cela vaut peut-être mieux ! La journaliste, tellement satisfaite de notre prestation nous propose de découvrir la ville. C’est parti, en l’espace de quatre heures nous réussissons l’exploit de visiter l’usine de tricotage, les locaux du parc naturel, le musée historique, et l’atelier/magasin dédié à l’artisanat traditionnel local ! On ne nous laisse même pas le temps d’acheter nous-mêmes nos billets pour rentrer à Izhevsk – quelqu’un s’en charge pour nous. On trouve quand même le temps d’inviter nos hôtes au resto ! D’office, nous sommes placés dans la salle VIP ! Alors que nous commandons, arrive la directrice de l’usine de tricotage qui vient nous saluer personnellement, nous tendant un catalogue des nouvelles collections. Poliment nous refusons le cadeau, pensant que l’ouvrage qui n’a rien à envier à celui de La Redoute n’a pas sa place dans notre sac-à-dos déjà bien rempli.
« Merci ! », en français dans le texte
Français que nous sommes, c’est à nous que revient la charge de commander les vins. Au comptoir, la serveuse nous énonce la carte des vins : vodka, martini, cognac… La définition locale du mot vin est à l’évidence très large, et nous nous rabattons sur un vin bulgare, que l’on débouche nous même une fois revenus à notre table ! Heureusement Pierre a toujours son couteau suisse dans la poche, ce qui ne manque pas d’impressionner les locaux !
A l’heure de la douloureuse, à notre grande surprise, la serveuse refuse nos pourboires et au contraire nous offre un grand « merci » en français !
Plus tard, en montant dans le bus pour Izhevsk, c’est à notre tour de lancer un immense merci à Svétie sans qui ce séjour en Oudmourtie n’aurait jamais été aussi riche et intéressant.
Pierre & Yogui
Our stay in Porozovo and Sharkan - Photogallery

VIDEO: Pierre & Yogui “Aventures en Oudmourtie” - Porozovo







