En stage intensif d’Oudmourte à Syries !

dsc0260.jpgPendant notre sejour à Syries, nous avons profite d’un quartier libre d’une petite heure - temps mis à profit pour decouvrir et comprendre ou on est ! Syries, c’est donc un village d’environ 400 foyers « ou l’eclairage public marchait, avant, à l’epoque sovietique… » La nouveaute, c’est le gaz. Les conduites qui desservent les maisons ont ete posees il y a à peine quelques mois. Ca change forcement la vie des gens – finies les corvees de bois. Ca a aussi un coût ! Meme au pays de Gazprom, le gaz n’est pas gratuit ! De plus, les travaux d’enfouissement des conduites ont transforme les « rues » du village en veritable bourbier geant.

Syries : du gaz mais plus d’eclairage public
L’ex kolkhoze du village, c’est un peu comme l’eclairage public : ça marchait bien avant. Depuis la chute du regime communiste, il survit, fournissant un peu de travail aux hommes du village, surtout l’ete.  Au village, on trouve neanmoins deux epiceries/magasins et un club, veritable salle polyvalente locale tenue par le comite des fetes. Evidemment, comme partout ailleurs en Russie, on trouve aussi un monument à la gloire des heros de la « grande guerre patriotique » (en Russie, la seconde guerre mondiale s’appelle ainsi). Pour nous, à voir le monument chrome, c’est plus à la Guerre des Etoiles qu’on pense ! Le truc qui cloche dans notre logique, c’est que les etoiles ici elles sont forcement rouges ou rouillees…

A l’ecole en caleche !
On nous annonce d’emblee un programme charge, et ça commence avec l’ecole. « On y va à cheval » nous annonce Angelika, à notre grande surprise… Cinq minutes apres nous sommes chez Hubert. Toujours un peu barbouille de la soiree de la veille, il prepare neanmoins Malina son cheval de 10 ans qu’il nous avait dejà presente la veille comme etant « sa voiture ». L’Oudmourte sait plaisanter et aime l’autoderision.
L’attelage est pret et nous prenons rapidement position sur la charrette : « Hue ! En avant ! » Hubert tient les renes pour nous guider jusqu’à l’ecole à travers les rues toujours aussi boueuses ! Sa femme Mathy assure le copilotage. Nous, on y croit pas trop… C’est notre premiere en caleche ! Et meme si on se fait doubler par une Lada, puis par une Volga, on est aux anges… Notre imaginaire se perd : on se croit en plein film de Kusturica !

Comme des ambassadeurs à l’ecole
dsc0261.jpgVingt minutes plus tard on est à destination : l’ecole rassemble les enfants de 7 à 17 ans des trois villages environnants. Au total, c’est 150 eleves qui nous attendent, plus les profs et le staff technique. On vient juste de comprendre sur la charrette que c’est une veritable conference qui nous attend ! Protocole oblige, nous devons passer au stand de lavage de « galoshis »… pas question de rentrer dans l’ecole avec ses chaussures plastiques pleines de boue ! Nous nous pretons au jeu avec plaisir mais sans maîtrise aucune, ce qui fait bien rire : tous sont colles derriere la baie vitree de l’ecole pour admirer notre technique toute française de lavage de galoshis. On s’en sort pas trop mal quand meme et les portes de l’etablissement s’ouvrent : chants, danses, tartelettes et costumes traditionnels nous accueillent. On ne s’attendait pas à ça ! Qui sommes-nous pour meriter un tel honneur ? On apprendra un plus tard que nous sommes ici les trois et quatrieme visiteurs etrangers. Un estonien et un finlandais sont les seuls à etre passes ici avant nous.
Nous jouons notre role d’ambassadeurs improvises tant bien que mal, repondant aux questions des eleves, des profs et du staff de l’ecole. C’est une veritable conference : tous sont curieux d’en savoir plus sur la France, sur le niveau de vie en France, sur ce qui nous choquent, nous plaît, nous deplaît en Russie, en Oudmourtie…

Seance photos avec M. le Directeur et autographes!
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La conference se termine par une seance de pose avec les locaux : tous veulent une photo avec nous ! On prend plein de flashes dans les yeux. Meme M. le Directeur de l’etablissement se prete au jeu, se recoiffe rapidement avant de reajuster ses lunettes siglees d’un autocollant style « Made in China » sur le carreau droit. Il vient juste de claquer deux Giga de photos avec son nouvel appareil numerique. Il a meme ose perturber notre conference en montrant à son voisin un de ces nombreux films du jour – le son à fond evidemment !
Yogui signe quelques autographes pour des jeunes fans locales dans le hall de l’ecole – seance perturbee par l’arrivee inopinee de notre ami Hubert. On n’a pas trop le temps de comprendre ce qu’il se passe, mais il semblerait que Hubert s’inquietait pour nous et venait de faire quelques kilometres pour voir comment ça se passait pour nous. Il est toutefois prestement renvoye de l’ecole, apres avoir ete rassure sur noter sort. A voir sa demarche chaloupee, nous supposons que Hubert a continue sur sa lancee de la veille.

100 euros : le salaire mensuel d’un prof
Dans la salle des profs, c’est le defile de tous les enseignants. On s’amuse à deviner qui enseigne quoi, parce que de toute façon il impossible de retenir les noms de tous ces gens qui nous sont presentes. On retient par contre que le salaire d’un prof, en debut de carriere avoisine les 100 euros. On comprend mieux le pourquoi des questions relatives au financement de notre voyage et au niveau de vie en France. Enfin, pour finir avec l’ecole, on sent que tous, profs comme eleves se sentent Oudmourtes meme si la langue d’enseignement est le russe. « Dans les couloirs de l’ecole, on parle en oudmourte, » nous confie un jeune qui se prepare à aller à l’universite d’Izhevsk, ou de Moscou si il obtient une bourse.

Tournee des musees sur les pas de JL Moreau !
Dans notre tournee du « rayon » (l’equivalent du canton en France), nous sommes invites à visiter quantite de musees dedies aux ecrivains, aux traditions, au folklore et à l’histoire oudmourtes… fort interessant mais l’enchainement des visites, toutes en russe, nous assomme un peu.
La plupart de ces musees sont fermes lors de notre passage mais, de nouveau, nous avons droit à un traitement de faveur et leurs portes s’ouvrent meme le dimanche. On nous demande tres souvent si nous ne connaissons pas un certain Jean-Luc Moreau… Nous repondons evidemment par la negative. Nos interlocuteurs sont alors tres etonnes : « Mais comment ça, vous ne le connaissez pas ? Il est pourtant français lui aussi… professeur à Paris, meme !  Vraiment ça ne vous dit rien ? » On etait pourtant pret à nous remettre un cadeau à delivrer en mains propres à ce JL Moreau… Nous preferons decliner cette responsabilite, et plus tard nous apprenons que le professeur en question a suivi le meme itineraire que nous ou presque, ici en Oudmourtie. De plus, à notre grande difference, il est le specialiste français de l’Oudmourtie et de la langue oudmourte qu’il maîtrise parfaitement au point de traduire les chansons traditionnelles locales en français. Nous sommes pas là mais avons quand meme le sentiment d’avoir approfondi le sujet et la question oudmourte que nous connaissions à peine en arrivant.

Le stade à l’europeenne de M. Wolf !
Nos hotes, nous sentant peut-etre fatigues de ce grand bol de culture oudmourte, nous conduisent au stade de la capitale du « rayon », histoire de se degourdir un peu ! Flambant neuf, celui-ci a accueilli recemment quelque chose comme les Jeux Olympiques oudmourtes ! On a droit à une visite complete des infrastructures : tout est moderne, à l’europeenne et c’est exactement ça que l’on veut nous montrer. Le stade, la piste d’athletisme, les vestiaires, les tribunes, la salle des journalistes/commentateurs (avec lits !!!? comprennent qui puissent !!) tout a ete finance par Monsieur Wolf (rien à voir avec Pulp Fiction, Monsieur Vulk n’est ni ni moins que le president de la republique oudmourte). On nous assure que ce cadeau de l’administration centrale est une recompense pour le « rayon » : celui-ci a un taux de natalite largement superieur aux autres cantons.
Nous tentons d’echapper au programme en voulant visiter le marche local controle par les marchants Tatares, mais nous restons sous surveillance : nos hotes craignant pour nous et notre securite. Evidemment, il n’y a rien de dangereux mais ainsi va le sens de l’hospitalite en Oudmourtie. Aussi, Pierre ne peux concretiser l’achat d’un survetement Nike 4 bandes dont on lui garantie la qualite. Dommage !

La fete finale
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En Oudmourtie, un peu comme en Gaulle de chez Asterix et Obelix, une belle histoire se finit toujours par un banquet. La veille du depart nous somme donc invites chez Svetie, la responsable du comite des fetes local. On y retrouve quantite de personnes que nous avons rencontrees lors du bal d’automne donne quelques jours auparavant – « invites speciaux : deux français ! » a meme ete rajoute sur l’affiche du bal. Ce bal nous a un peu entraine au rythme local (à tous les sens des termes !). Ainsi nous avons compris que chacun ici fait sa gnole et qu’il est de rigueur, en qualite d’invites, de goutter à chacune ! L’oudmourte aime aussi danser et chanter, et cela nous plaît plutot bien et facilite notre integration. Un bal en Oudmourtie, c’est aussi un enchainement de jeux « style mariage » et les babushkas s’en donnent à cœur joie ; parfois on se sent presque plus âges qu’elles tant elles ont la forme. Evidemment au bal, en Oudmourtie comme ailleurs naissent les histoires d’amitie et d’amour… à 23h35, Hubert, les yeux petillants dit à Yogui : « Choisis la plus belle des oudmourtes et reviens vivre ici avec nous »…

Decouverte de la PHS pour faire face au « Pousse-Mousse Samogogne »
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Autant dire qu’apres le bal, la soiree de cloture chez Svetie nous paraissait etre alors qu’une formalite. C’etait sans compter sur la bouteille de 5 litres de gnole locale, appelee ici « samogogne ». Plus que le produit en lui-meme, c’est la taille et le systeme de pompage type « pousse mousse » (oui oui, comme le savon, mais en beaucoup plus grand !) qui nous interpelle un peu. Ingenieux et efficace !
Dans un coin de la piece, les enfants nous regardent de loin. Un peu effrayes/excites de voir des etrangers pour la premiere fois, ils s’ecrient « frantsouzi ! frantsouzi ! »… Cela ne nous empeche pas de deguster les delicieuses tartelettes de puree cuites au four à bois, et preparees en flux tendu !
Les verres s’enchainent eux aussi et bientot nous adaptons la technique du Pere Hubert, qui suivant le modele de la PLS (Position Laterale de Securite, pour les non inities) a mis au point la PHS, la Position Hubert de Securite. Bras sur les genoux, puis bras derriere le dossier de la chaise et enfin bras croises : en trois etapes, cette technique permet de bien recuperer entre les rasades versees depuis une bouteille sans fond ou presque. Et ça marche ! En effet, le lendemain matin, c’est relativement frais que nous quittons Syries !

Pierre & Yogui

Photo gallery of our new friends in Syries
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Partying with the babushky - Photos
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3 commentaires

  1. Мacha / Syries

    привет!!! Отличные статьи!!!!!!

  2. Gerom

    Votre séjour en Oudmourtie a l’air d’avoir était assez intense! Je pense que vous allez en garder un sacré souvenir…
    J’espère que tout ce passe toujours pour le mieux pour vous.
    A bientôt pour vos premières impressions sur la Mongolie!!!
    Pierrot: j’ai trop kiffé ta photo avec le maillot de Lablachère!!! c’te dédicace elle pète!
    (A l’occaz’, ramènes-moi un beau maillot de ces contrées lointaines)
    A+
    Gerom

  3. papri. K.

    c bien mignon tout ça les frantzusi pipi et les babushkas … Mais on veut du trash nous. On s’en tamponne des petits enfants mignons et des ladas boueuses, je veux du punk moi !!!!!! Alors sortez vous les doigts et racontez nous au moins le premier paté de 2009 !!!!!!! ou sinon je vous raconterai pas que g failli me battre avec un dj parisien …

    Bos nénés à vous

    papri. K.

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